Le dernier en date
Une très heureuse découverte !
Graham Joyce, Les limites de l’enchantement, Bragelonne

L’histoire se déroule dans les années 60. Dans une société ou la modernisation s’accélère et où les moeurs sont en évolution constante, Fern, une jeune fille de vingt ans et sa mère vivent en marge de toute agitation. Elles font parti des initiés, ces personnes soignant par les plantes, mais surtout pratiquant les accouchement et capable de provoquer des avortements. La pratique de cet acte très controversé et illégal à l’époque sortira de nombreuses femmes du pétrin… mais voilà, il suffit d’un faux pas pour que ceux que vous avez aidé pendant si longtemps soient les premiers à se retourner contre vous.
Un roman formidablement bien mené, écrit avec finesse, sensibilité et emprunt d’une douce violence. Car il faut toujours se battre contre une société qui rejette les moindres différences et comprendre quelle violence naît d’une adaptation obligée à un environnement dans lequel on ne se reconnaît plus.
Touchant et étrangement proche de nous, ce livre est vraiment envoutant. Imprégné de l’innocence de Fern, qui apprend difficilement la vie en compagnie des autres et particulièrement des hommes, il ne manque pas de faire rire dans les moment les plus cocasses et en tout cas ne nous laisse jamais de glace.
J’ai vraiment passé un super moment à lire ce livre. Merci ser Graham Joyce !
Hagen a dit,
30 juin 2007 à 11:15
Je partage moi aussi ton avis enthousiaste sur ce bouquin qui, bien qu’il ne s’agisse pas de fantasy, ne m’a jamais “laissé de glace”.
Ce qui est amusant, c’est que l’histoire en elle-même ne tient pas à grand chose, c’est juste un petit moment de la vie de l’héroïne, qui constitue pour elle une époque charnière.
J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié l’héroïne en question, Fern, qui, et cela tombe bien, demeure mon personnage préféré. Je n’ai réussi à vraiment m’attacher qu’à elle, car les autres étaient beaucoup trop banals… normaux en fait. Mais je ne récrimine en rien l’auteur en affirmant cela car le but est entre autre là, d’énoncer les clivages entre deux mondes bien différents, d’un où l’homme s’accorde avec la Nature à un autre où l’arrivée de la modernité et de ses moeurs la ronge peu à peu.
J’ai beaucoup aimé également les moments cocasses que tu évoques mais je crois que l’une de mes scènes préférées reste le passage où Fern pose la Question, du moment où elle enclenche le rituel jusqu’à sa fin (c’est tout un chapitre en fait). J’ai trouvé que tout le processus est extrêmement bien raconté, avec ces deux mondes dans lesquels Fern coexiste et dont on ne sait plus où se trouve la réalité (c’est d’ailleurs là que réside la majeure part de fantastique dans cet ouvrage). Bref, on suit vraiment l’héroïne au coeur de sa quête et de ses nébuleuses hallucinations !
Nous passerons sur la qualité du style de l’auteur, tout bonnement merveilleuse.
Voilà, c’est tout.
Lord Hagen
P.S. : Ca y est, j’ai enfin posté sur ton blog !!
l0ula a dit,
30 juin 2007 à 11:44
Merci pour tes posts
Je me doutais bien que tu aimerais le passage de la Question. Mais Graham Joyce sait vraiment très bien évoquer deux monde parallèles, comme j’ai pu à nouveau le constater dans L’enfer du rêve, son premier livre, que j’ai lu récemment et dont je vais d’ailleurs poster une critique de ce pas…
J’aime beaucoup Fern également même si son innocence la rend parfois un peu niaise ! Moi ce que j’ai préféré c’est tout le côté herboristerie, et le fait que Maman ne se trompe jamais dans ces dosages, qu’elle sache tout… ainsi que le traitement de l’émancipation progressive de Fern, de son combat…, enfin un peu tout quoi
C’est vrai que l’intrigue ne tient vraiment sur pas grand chose et c’est ce qui fait tout le charme du livre je trouve… car en plus, on ne s’ennuie jamais !
voili voilou…